À quel âge prendre de la whey ? Ce que disent vraiment les sources

Ton fils de 15 ans réclame un pot de whey. Ou tu as 16 ans et tu cherches à savoir si tu as le droit. Dans les deux cas, la réponse que tu trouves ailleurs est un chiffre rond : 15 ans, 16 ans, parfois 18. Aucune page ne dit d’où il sort.

L'essentiel
  • Aucun âge validé : Il n'existe aucun âge minimum établi scientifiquement, ni pour la whey ni pour aucun complément protéiné. Aucun essai n'a testé la whey chez des mineurs.
  • Aucune dose non plus : Aucun essai n'a établi de dose chez le mineur : les tableaux par tranche d'âge que tu croises sont des extrapolations d'adulte. Le seuil des 15 ans n'apparaît dans aucun avis d'agence ni dans aucune étude.
  • Les deux positions officielles : L'Académie américaine de pédiatrie (2005) constate qu'il n'existe quasiment aucune donnée d'efficacité ni de sécurité chez le mineur. L'Anses (2016) déconseille la catégorie entière chez l'enfant et l'adolescent.
  • Le mauvais problème : Les carences documentées chez l'ado sportif sont le fer, le calcium et la vitamine D. Aucune des deux références ne signale de déficit protéique. Un pot de whey n'apporte ni fer ni vitamine D.
  • Le vrai risque : Il n'est pas toxicologique, il est comportemental. Chez 237 garçons de 14 à 16 ans, 49,8 % prenaient déjà de la poudre, 8,4 % de la créatine et 4,2 % des stéroïdes. Le moteur est le même aux trois étages.

Il ne sort de nulle part. Aucun essai n’a testé la whey chez des mineurs, aucune agence sanitaire n’a fixé d’âge de bascule, et les deux institutions qui se sont prononcées sur les compléments pour sportifs chez les jeunes disent la même chose à onze ans d’intervalle : on n’en sait rien, donc on déconseille.

Deux personnes tapent cette requête et elles ne cherchent pas la même chose. Le parent veut savoir ce qu’il achète comme risque. L’ado veut une réponse qui ne le prenne pas pour un gamin. La dernière section leur parle séparément, en face à face, et tout ce qui précède vaut pour les deux.

Existe-t-il un âge minimum validé pour la whey ?

Non. Aucun âge minimum validé scientifiquement n’existe, ni pour la whey ni pour aucun complément protéiné. Ce qui existe, ce sont deux positions institutionnelles qui déconseillent la catégorie entière chez les mineurs, sans jamais dire à partir de quand elle deviendrait acceptable.

La première vient de l’Académie américaine de pédiatrie. Dans une prise de position publiée dans Pediatrics en 2005, son comité de médecine du sport écrit qu’il n’existe pratiquement aucune donnée d’efficacité et de sécurité chez l’enfant et l’adolescent pour les substances améliorant la performance (Gomez et coll., 2005, PMID 15805399). Le texte précise dès sa première ligne que cette catégorie inclut les compléments alimentaires. L’Académie en condamne fermement l’usage chez les mineurs.

La seconde vient de France. Dans un avis rendu le 7 novembre 2016 sur les compléments alimentaires destinés aux sportifs, l’Anses tient sa recommandation en une phrase, sans condition et sans seuil.

Les compléments alimentaires visant le développement musculaire ou la diminution de la masse grasse sont déconseillés chez les enfants, les adolescents et les femmes enceintes ou allaitantes.

Anses, saisine 2014-SA-0008, 7 novembre 2016

Cet avis ne vise pas la whey en particulier. Il couvre toute la famille des produits vendus pour prendre du muscle ou perdre du gras, et les protéines de lait figurent nommément dans sa liste d’ingrédients. Voilà l’état réel des positions disponibles.

SourceCe qu’elle dit sur les mineursCe qu’elle ne dit pas
Académie américaine de pédiatrie, 2005Quasiment aucune donnée d’efficacité ni de sécurité, condamnation ferme de l’usage, compléments inclusUn âge à partir duquel ça deviendrait acceptable
Anses, avis 2014-SA-0008, 2016Compléments de développement musculaire déconseillés chez les enfants et les adolescentsUn seuil d’âge, une interdiction de vente
Diététiciens du sport australiens, 2014Les besoins de l’ado se couvrent par les aliments de base, recommander des compléments surestime leur pouvoirQue la whey serait toxique
Revue sur l’athlète adolescent, 2025Alimentation d’abord, vigilance fer, calcium, vitamine D, réserves de sécurité sur les aides ergogéniquesUn verdict propre à la whey

Regarde la colonne de droite. Vingt ans de textes institutionnels, et pas un seul âge de bascule.

« À partir de 15 ans » : d’où sort ce seuil ?

De nulle part d’identifiable. Les seuils de 15 ou 16 ans affichés par les boutiques n’apparaissent dans aucune des sources ci-dessus, dans aucun avis d’agence, dans aucun essai. Personne n’a jamais comparé des jeunes de 14 ans à des jeunes de 16 ans pour observer une différence.

Ce que le chiffre produit se voit en revanche très bien. Il rassure l’acheteur, il donne au vendeur l’apparence de la prudence, et il déplace la responsabilité sur celui qui coche la case. Un seuil précis inspire confiance parce qu’il ressemble à une donnée. Ici, c’est un arrondi.

Le réflexe à avoir devant un âge minimum

Demande la source. Un seuil sanitaire réel s’appuie sur un avis identifiable, avec un numéro de saisine et une date. Aucun des seuils en circulation n’en a.

Une remarque pour l’ado qui espérait un feu vert. L’absence de seuil ne signifie pas que la whey serait dangereuse à 15 ans et sûre à 16. Elle signifie que personne n’a regardé. Sur une population en croissance, l’absence de données vaut motif de prudence, et sûrement pas blanc-seing. C’est la lecture qu’en font les pédiatres.

Fer, calcium, vitamine D : ce qui manque réellement à un ado sportif

Les carences réellement documentées chez l’adolescent sportif portent sur le fer, le calcium et la vitamine D. Pas sur les protéines. Deux textes indépendants, à onze ans d’écart, pointent le même trio et concluent tous les deux à une approche alimentaire d’abord.

Une revue parue en août 2025 dans Nutrients retient ces trois micronutriments comme les points de vigilance de l’athlète adolescent, insiste sur le risque de faible disponibilité énergétique et pose des réserves de sécurité sur les aides ergogéniques (Everett, 2025, PMID 40944181). C’est une revue narrative signée d’un seul auteur : elle synthétise, elle ne mesure pas. Sa conclusion rejoint celle des diététiciens du sport australiens, qui signalaient déjà en 2014 un risque de déficit élevé sur ces mêmes nutriments (Desbrow et coll., 2014, PMID 24668620).

Le texte australien va plus loin. Recommander des compléments à un athlète en développement, écrivent ses auteurs, surestime leur capacité à modifier la performance face à l’entraînement et à l’alimentation. Traduit en pratique, ça donne ceci.

NutrimentPourquoi il ressort à cet âgePar où le couvrir
FerCroissance rapide, volume d’entraînement, pertes menstruelles chez les fillesViande rouge, boudin, lentilles associées à une source de vitamine C
CalciumL’adolescence est la période où se construit le capital osseuxProduits laitiers, sardines avec les arêtes, eaux minérales calciques
Vitamine DStatut souvent bas, en particulier en sport d’intérieur et en hiverPoissons gras, jaune d’œuf, exposition solaire, supplémentation sur avis médical
ProtéinesAucun déficit signalé chez l’ado sportif dans ces deux textesLes repas. C’est le poste le plus facile à atteindre en mangeant trois fois par jour

Un pot de whey n’apporte ni fer ni vitamine D. Acheter de la poudre à un ado revient à traiter le seul poste qui va bien et à laisser les trois autres en l’état. Si le but est simplement d’augmenter les apports, la liste des alternatives alimentaires à la whey couvre le sujet sans sachet.

Le calcul qu’aucune boutique ne pose

Un ado qui déjeune à la cantine, goûte et dîne à la maison atteint ses besoins en protéines sans y penser. Le shaker ne comble pas un trou, il remplace une collation qui existait déjà.

Non, la musculation ne freine pas la croissance

Aucune donnée n’indique que l’entraînement en résistance ralentit la croissance en taille pendant l’enfance ou l’adolescence. La formulation est celle d’une revue du British Journal of Sports Medicine consacrée à la sécurité de la musculation chez le jeune sportif (Faigenbaum et Myer, 2010, PMID 19945973).

Elle ne dit pas que tout se vaut. Elle recense des blessures réelles chez de jeunes pratiquants, majoritairement accidentelles, et pointe deux causes évitables : l’absence d’encadrement compétent, qui laisse s’installer une technique approximative, et des charges inadaptées. Sa conclusion tient dans une condition : la musculation est sûre et utile chez l’enfant et l’adolescent dès lors que des professionnels qualifiés supervisent les séances et enseignent les gestes.

Cette page démonte les seuils d’âge inventés, elle doit démonter aussi le mythe inverse. Beaucoup de parents interdisent la salle en croyant protéger la taille de leur enfant, et compensent parfois par la poudre. C’est le contraire de ce que disent les données : la salle encadrée est documentée comme sûre, le complément ne l’est pas.

Le risque réel se mesure sur la trajectoire, et il est chiffré

Le risque documenté de la whey chez l’adolescent est comportemental. Une enquête auprès de 237 garçons australiens de 14 à 16 ans, tous scolarisés dans le même établissement de Melbourne, a mesuré ce qui circule vraiment à cet âge (Yager et McLean, 2020, PMID 32101154).

Ce que prenaient déjà ces 237 garçons

49,8 % consommaient de la protéine en poudre et 62 % avaient l’intention d’en prendre. 8,4 % prenaient de la créatine. 4,2 % prenaient des stéroïdes anabolisants.

Le prédicteur de la consommation n’était ni l’âge, ni l’IMC, ni l’estime corporelle, ni l’origine. C’était le désir de musculature, avec la pratique de la musculation et le nombre de sports. Ce que le garçon veut faire de son corps prédit tout, son corps ne prédit rien.

La whey n’est pas une drogue d’entrée au sens pharmacologique. Elle n’agit pas sur le cerveau, elle ne crée aucune dépendance, et rien ici ne montre qu’un pot conduit mécaniquement à une ampoule. Ce que l’enquête montre, c’est que le même moteur alimente les trois étages, et que la poudre est celui du bas : légale, socialement acceptée, offerte à Noël. C’est ce qui en fait un premier barreau commode.

Une donnée physiologique existe pourtant, et elle mérite d’être posée sur la table plutôt que passée sous silence. La cohorte allemande DONALD a suivi des enfants avec des relevés alimentaires pesés à 12 mois, 18 à 24 mois, 3 à 4 ans et 5 à 6 ans, puis mesuré leur puberté (Günther et coll., 2010, PMID 20042466). Chez les 112 enfants exploitables, le tiers qui consommait le plus de protéines animales à 5 et 6 ans démarrait sa poussée pubertaire 0,6 an plus tôt que le tiers le plus bas, à 9,0 ans contre 9,6.

Le même décalage se retrouve sur le pic de vitesse de croissance et sur l’âge des premières règles ou de la mue. Les protéines végétales, elles, allaient dans l’autre sens, avec une puberté plus tardive.

Ce que cette étude ne dit pas

Elle porte sur l’assiette d’enfants de 5 et 6 ans, pas sur le shaker d’un ado de 16 ans. Elle compte 112 sujets et c’est une cohorte, pas un essai. Personne n’a jamais mesuré l’effet d’un complément protéiné sur la puberté. Le signal existe, il concerne l’alimentation de la petite enfance.

Passe maintenant à ce qui se compte en passages aux urgences.

Aux États-Unis, la surveillance de 63 services d’urgence entre 2004 et 2013 attribue environ 23 000 passages par an à des effets indésirables de compléments alimentaires, dont 2 154 hospitalisations (Geller et coll., 2015, PMID 26465986). Les produits vendus pour la perte de poids et l’énergie concentrent 71,8 % des cas avec palpitations, douleur thoracique ou tachycardie.

Le chiffre qui concerne directement un mineur vient de la base de pharmacovigilance de la FDA. Sur 977 signalements liés à un complément unique chez des 0 à 25 ans, ceux vendus pour le développement musculaire présentaient un risque d’événement médical grave 2,7 fois supérieur aux vitamines (Or et coll., 2019, PMID 31176525). Grave signifie ici décès, hospitalisation, urgence ou intervention pour éviter une séquelle. Les produits énergie et minceur sortent à 2,6.

Deux précautions de lecture. Ces bases agrègent toute la catégorie musculation, des poudres protéinées aux produits qui n’auraient jamais dû être vendus, et un signalement spontané ne prouve pas la causalité. Elles ne mesurent donc pas le risque d’une whey, elles mesurent celui du rayon où elle est posée, ce que détaille le point sur les risques de la whey chez l’adulte.

Pour un parent, ça déplace l’objet de la surveillance. Le pot posé sur le plan de travail n’est pas le sujet. Ce qu’il y a autour, oui.

  • Il se pèse ou se photographie tous les jours et commente son corps en permanence
  • Il annule repas de famille, sorties ou vacances pour ne pas manquer une séance
  • La liste s’allonge en quelques mois : poudre, puis créatine, puis pré-workout, puis brûleur
  • Il commande sur des sites étrangers ou reçoit des colis qu’il ne montre pas
  • Il s’entraîne sur une douleur qui dure, ou quand il est malade

Ces signaux ne sont pas des critères diagnostiques, et une enquête menée dans un seul établissement australien ne décrit pas la France. Ils indiquent la bonne direction de regard : le rapport au corps, pas la composition du sachet. Si l’acné fait partie des inquiétudes, elle est traitée à part sur la page consacrée au lien entre whey et acné, où le seul essai randomisé disponible ne trouve rien.

Ce sont les adultes qui conseillent et qui achètent

Chez 1 138 sportifs allemands de haut niveau de 14 à 18 ans, la première source d’information sur les compléments était l’entraîneur, et la première source d’approvisionnement les parents (Diehl et coll., 2012, PMID 22693237). Dans cette population, 91,1 % déclaraient avoir pris un complément dans le mois écoulé, et certains y étaient tenus par leur structure sportive.

Visuel indiquant que 91,1 pour cent des sportifs allemands de haut niveau de 14 a 18 ans avaient pris un complement alimentaire dans le mois ecoule.

La chaîne est courte : un adulte conseille, un autre achète, le mineur consomme. La décision ne se prend pas dans la chambre de l’ado, elle se prend dans la voiture au retour de l’entraînement et devant le panier en ligne. Les auteurs concluent à un besoin urgent de formation, et l’Anses écrit la même chose côté français : les cadres sportifs doivent être capables, par leur formation, d’informer les pratiquants sur les risques de certains compléments.

Reste à situer le décor. Prendre un complément est devenu banal chez les mineurs : aux États-Unis, 34,0 % des moins de 20 ans en avaient consommé un dans les trente derniers jours en 2017 et 2018, multivitamines en tête à 23,8 % (Stierman et coll., 2020, PMID 33119556). Ce chiffre couvre tous les compléments, pas la whey. Il dit simplement que le geste n’a plus rien d’exceptionnel.

Visuel indiquant que 34 pour cent des moins de 20 ans aux Etats-Unis avaient consomme un complement alimentaire dans les trente derniers jours.

La conduite la plus utile n’est pas l’interdiction sèche, qui déplace l’achat hors de ta vue et te prive de l’information. Elle tient en trois gestes. Demander ce qu’il attend du produit, et écouter la réponse. Poser la question au médecin au prochain rendez-vous, ce que l’Anses recommande pour tout objectif de supplémentation. Faire savoir que la discussion reste ouverte le jour où il voudra ajouter autre chose, parce que c’est ce jour-là que ton avis comptera.

Et avant 15 ans ? Et les enfants ?

Avant l’adolescence, la question ne se règle pas sur un blog : elle se pose au pédiatre ou au médecin traitant. Un enfant qui grandit, qui mange normalement et qui fait du sport n’a aucune raison identifiée de consommer une protéine en poudre.

Ça vaut pour 12 ans comme pour 13 ans, deux âges où la question revient souvent parce que c’est le moment où un grand frère, un coach ou une vidéo met l’idée en tête. À cet âge, la puberté n’est pas terminée, les besoins protéiques sont couverts par trois repas ordinaires, et aucune donnée ne dit ce que produit une supplémentation régulière. La réponse honnête est non, et elle ne changera pas d’un an sur l’autre : ce n’est pas l’âge qui débloque la whey, c’est un besoin que l’assiette ne couvre plus.

La littérature disponible est indirecte, et elle retourne l’argument marketing. Une revue systématique avec méta-analyse a examiné le lien entre apport protéique et croissance chez l’enfant jusqu’à 18 ans (Arnesen et coll., 2022, PMID 35261578). Sur douze cohortes ayant mesuré protéines totales et IMC, onze trouvent une association positive. La mise en commun de cinq d’entre elles donne 0,06 kg/m² d’IMC en plus par point de pourcentage d’énergie protéique supplémentaire.

Deux précisions honnêtes. Le résultat causal le plus solide, classé « probable » par les auteurs, porte sur la petite enfance avant 18 mois, pas sur l’ado de 14 ans, et il vient de cohortes faute d’essais. Et cette méta-analyse n’a jamais mesuré la masse musculaire : ses critères étaient le poids, la taille, l’adiposité et le risque de surpoids. C’est ce qui rend l’argument commercial bancal. La seule littérature qui existe sur « plus de protéines chez l’enfant » parle d’IMC, pas de muscle.

L’enfant qui ne s’entraîne pas

Sans stimulus d’entraînement, la protéine supplémentaire ne construit rien : elle apporte des calories, ni plus ni moins, et ce raisonnement vaut à tout âge. Un enfant qui ne s’entraîne pas et qui boit un shaker prend un goûter cher.

Si la décision est déjà prise : la conduite qui limite la casse

Le pot est déjà acheté. Trois principes réduisent alors le risque : compter d’abord les protéines de l’assiette, garder la whey seule sans jamais l’empiler avec d’autres produits, et signaler la consommation au médecin.

Tu cherches combien de grammes pour un ado de 15 ans : ce n’est pas un oubli

Personne ne peut te le dire. Aucun essai n’a établi de dose de complément protéiné chez un mineur, et les tableaux par tranche d’âge qui circulent sont des extrapolations de valeurs adultes. On refuse d’en inventer une ici. Ce qui suit est une conduite, pas une posologie.

En situations concrètes, ça donne ceci.

SituationConduite
Trois séances par semaine, trois repas completsIl n’a besoin de rien. Le shaker remplace une collation, il n’ajoute pas de muscle
Il saute le déjeuner à la cantineLe problème est le déjeuner. Un vrai repas règle l’apport protéique et tout le reste avec
Il est végétarien ou végétalienLe sujet devient le fer, la vitamine B12 et l’apport énergétique global. Ça se cadre avec un médecin
Il veut ajouter créatine, pré-workout ou brûleurC’est là que la trajectoire change. L’Anses déconseille toute cette catégorie chez le mineur, et les produits caféinés avant et pendant l’effort
Maladie rénale, hépatique, cardiaque ou neuropsychiatrique connueAucun complément sans avis médical. L’Anses les déconseille nommément dans ces situations
Il achète sur un site étrangerSeul point où l’Anses parle de fraude : la vente en ligne augmente le risque d’exposition à des substances interdites

Reste à traduire tout ça pour chacun des deux lecteurs de cette page.

Si tu es le parent

Ta réponse est non, et elle a une raison que tu peux dire à voix haute : aucune agence n’a validé ce produit pour son âge, et la seule chose que la pharmacovigilance mesure sur cette catégorie est un risque d’événement grave 2,7 fois supérieur aux vitamines.

Ce non ne se referme pas. Demande-lui ce qu’il attend du produit, écoute la réponse, propose le sujet au prochain rendez-vous médical, et dis-lui que la discussion reste ouverte le jour où il voudra ajouter autre chose. C’est ce jour-là que ton avis comptera. Une interdiction sèche déplace l’achat hors de ta vue et te prive de l’information.

Surveille le fer, le calcium, la vitamine D, et la liste de produits qui s’allonge derrière la poudre. Le pot lui-même est le moindre de tes soucis.

Si c’est toi qui veux en prendre

Fais le calcul avant d’acheter, c’est le seul argument qui vaut quelque chose dans une discussion avec tes parents. Note tout ce que tu manges pendant trois jours, additionne les protéines, divise par ton poids. Un ado qui déjeune à la cantine, goûte et dîne chez lui est presque toujours déjà au niveau.

Le repère adulte donne l’ordre de grandeur : les gains de masse maigre s’arrêtent vers 1,62 g de protéines par kilo et par jour, d’après 49 essais et 1 863 participants (Morton et coll., 2018, PMID 28698222). Personne n’a établi l’équivalent chez un mineur, donc ce chiffre te sert de plafond mental, pas de cible. À 65 kg il tourne autour de 105 g, et trois repas construits autour d’une portion de viande, de poisson, d’œufs ou de légumineuses y arrivent.

Ce qui te fera progresser à ton âge, ce sont les séances régulières, le sommeil et le nombre de calories, dans cet ordre. La poudre arrive loin derrière, et beaucoup de pratiquants s’en passent très bien, méthode à l’appui du côté de la musculation sans whey.

Un dernier point qu’on ne te dira nulle part ailleurs. Le jour où tu envisages d’ajouter de la créatine, un pré-workout ou un brûleur par-dessus, c’est ce jour-là qui compte, pas celui du premier pot.

Quiz · Testez vos connaissances

Question 1 sur 5

1. À partir de quel âge la science autorise-t-elle la whey ?

2. Quels nutriments manquent réellement à un adolescent sportif ?

3. Dans l'enquête sur 237 garçons de 14 à 16 ans, qu'est-ce qui prédisait la consommation de poudre ?

4. Qui achète la whey que consomment les jeunes sportifs de haut niveau ?

5. La musculation freine-t-elle la croissance d'un adolescent ?

L’option qui ne coûte rien

Construire du muscle sans aucune poudre

Les équivalences alimentaires, les quantités réelles par repas et ce que tu perds vraiment en te passant de shaker.

Questions fréquentes

La vente de whey est-elle interdite aux mineurs en France ?

Un avis de l’Anses est une recommandation sanitaire, pas une interdiction de vente. L’agence déconseille la catégorie chez les enfants et les adolescents, et ce statut n’empêche pas matériellement un mineur d’acheter un pot. Le filtre repose donc entièrement sur les adultes autour de lui, ce qui explique pourquoi l’avis insiste sur la formation des cadres sportifs et sur le passage par un professionnel de santé.

Et les barres protéinées ou les briques prêtes à boire du supermarché ?

Même logique, avec une nuance de composition. Une barre reste un produit formulé pour le développement musculaire, donc dans le périmètre de l’avis de l’Anses, et elle apporte du sucre et des additifs qu’un blanc de poulet n’apporte pas. Le rayon dans lequel elle est vendue ne change rien à ce qu’elle est.

Une ado de 16 ans, c’est la même réponse qu’un garçon ?

Les recommandations ne font aucune distinction de sexe : l’Anses et l’Académie américaine de pédiatrie visent les enfants et les adolescents, sans autre précision. Les données comportementales, elles, ont surtout été collectées chez des garçons, l’enquête australienne de 2020 n’ayant inclus que des garçons. Un point mérite l’attention chez les filles sportives : le fer, dont le risque de déficit est signalé par les deux textes de nutrition cités, et qui se contrôle par une prise de sang.

À 18 ans, la question disparaît-elle ?

Elle change de nature. À la majorité, tu bascules dans une littérature qui existe, celle des adultes, avec ses chiffres et ses limites : un plafond de 1,62 g par kilo et par jour au-delà duquel la supplémentation n’apporte plus rien sur la masse maigre, et un effet moyen modeste. Tu passes d’une zone sans données à une zone où les données disent surtout que le produit fait moins que ce qu’on lui prête.

Sources

  • Gomez J. et American Academy of Pediatrics Committee on Sports Medicine and Fitness, 2005, Pediatrics, Use of performance-enhancing substances. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/15805399/
  • Anses, 2016, Avis relatif aux risques liés à la consommation de compléments alimentaires destinés aux sportifs visant le développement musculaire ou la diminution de la masse grasse, saisine n° 2014-SA-0008. https://www.anses.fr/fr/system/files/NUT2014SA0008Ra.pdf
  • Everett S., 2025, Nutrients, Optimizing Performance Nutrition for Adolescent Athletes. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/40944181/
  • Desbrow B. et coll., 2014, Int J Sport Nutr Exerc Metab, Sports Dietitians Australia position statement: sports nutrition for the adolescent athlete. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/24668620/
  • Yager Z. et McLean S., 2020, BMC Pediatrics, Muscle building supplement use in Australian adolescent boys. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32101154/
  • Diehl K. et coll., 2012, Int J Sport Nutr Exerc Metab, Elite adolescent athletes’ use of dietary supplements. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/22693237/
  • Stierman B. et coll., 2020, MMWR, Dietary Supplement Use in Children and Adolescents Aged 19 Years or Younger, United States, 2017-2018. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/33119556/
  • Arnesen E.K. et coll., 2022, Food and Nutrition Research, Protein intake in children and growth and risk of overweight or obesity. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/35261578/
  • Faigenbaum A.D. et Myer G.D., 2010, British Journal of Sports Medicine, Resistance training among young athletes: safety, efficacy and injury prevention effects. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/19945973/
  • Günther A.L.B. et coll., 2010, Journal of Nutrition, Dietary protein intake throughout childhood is associated with the timing of puberty. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/20042466/
  • Geller A.I. et coll., 2015, New England Journal of Medicine, Emergency Department Visits for Adverse Events Related to Dietary Supplements. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/26465986/
  • Or F. et coll., 2019, Journal of Adolescent Health, Taking Stock of Dietary Supplements’ Harmful Effects on Children, Adolescents, and Young Adults. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/31176525/
  • Morton R.W. et coll., 2018, British Journal of Sports Medicine, A systematic review, meta-analysis and meta-regression of the effect of protein supplementation on resistance training-induced gains in muscle mass and strength in healthy adults. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/28698222/

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