Avis sur la glutamine : analyse et retours

Notre verdict, sans détour : la glutamine vaut le coup dans deux ou trois situations précises et reste dispensable pour la plupart des sportifs. Elle est défendable si tu as un intestin fragile (syndrome de l’intestin irritable, hyperperméabilité), si ton corps encaisse un catabolisme sévère (grand brûlé, soins intensifs, chirurgie lourde) et, de façon plus modeste, après des séances vraiment traumatisantes pour les muscles. Pour le pratiquant qui s’entraîne 3 à 4 fois par semaine et mange assez de protéines, c’est surtout du marketing : ton corps fabrique lui-même cet acide aminé et ton assiette couvre le reste.

L'essentiel
  • Verdict : Utile pour un intestin fragile ou un catabolisme sévère, superflu pour le sportif sain qui mange assez de protéines.
  • Muscle : Une méta-analyse de 47 études ne trouve aucun effet de la glutamine sur la masse musculaire, la performance ou l'immunité des sportifs. Son seul résultat significatif est une perte de poids modeste de 1,36 kg.
  • Intestin : Dans l'intestin irritable post-infectieux, 79,6 % des patients répondent contre 5,8 % sous placebo, avec 5 g trois fois par jour pendant 8 semaines en essai clinique encadré. Sur la perméabilité intestinale en général, aucun effet significatif.
  • Statut : La glutamine est un acide aminé conditionnellement essentiel : ton corps en fabrique en continu et ton alimentation en apporte plusieurs grammes par jour, donc un apport externe ne sert que si la production décroche.
  • Dose sûre : 14 g par jour est le niveau observé sans risque chez l'adulte sain, pas un seuil de toxicité ; au-delà, il manque simplement des données pour l'autosupplémentation.

On ne vend pas de glutamine, et ça change tout. Ce qui suit n’est pas une fiche produit déguisée : c’est un avis basé sur les études. On a lu les méta-analyses, croisé les retours d’utilisateurs et les positions des agences sanitaires pour trancher, profil par profil.

Sur les forums, c’est le grand écart. Les uns jurent que leurs courbatures ont fondu et que leur récupération a décollé. Les autres ont arrêté sans rien voir venir, ou pointent des ballonnements et des diarrhées. Beaucoup conseillent même de mettre son argent dans les BCAA plutôt que dans la glutamine. Ce désaccord n’est pas un hasard, et il s’explique très bien.

Pourquoi la glutamine suscite-t-elle autant d’avis partagés ?

La glutamine divise parce que son efficacité dépend entièrement de ta situation : réelle en clinique et pour l’intestin, très faible pour la prise de muscle chez le sportif en bonne santé. Le même produit tient donc des promesses opposées selon qui l’avale et pourquoi.

schema glutamine avis utilisateurs, médecins, études

D’où vient cette passion pour la glutamine ?

La glutamine a commencé à faire parler d’elle à la fin des années 80, portée par des travaux sur son rôle dans la synthèse des protéines. C’est l’acide aminé le plus abondant de ton corps : environ 60 % de tes réserves sont stockées dans les muscles sous forme libre. Cette présence massive a nourri une idée simple, qu’on avale encore aujourd’hui : si le muscle en contient autant, en rajouter devrait aider.

Dans les années 90, on a vu qu’elle aidait les patients gravement atteints à récupérer, et on a commencé à l’ajouter à l’alimentation des personnes en soins intensifs. De ce constat clinique, l’industrie du complément a tiré une promesse bien plus large : plus de muscle, plus de force, moins de fatigue. Sur le papier, elle coche des cases (fabrication des protéines, immunité, paroi intestinale, équilibre acido-basique), et les culturistes s’y sont jetés.

Le détail que les vendeurs oublient

La glutamine est un acide aminé conditionnellement essentiel : ton corps en fabrique en continu à partir d’autres acides aminés, et une alimentation normale en apporte plusieurs grammes par jour. La production ne décroche que sous stress physique intense, catabolisme, maladie ou chirurgie. C’est dans ces situations, et seulement là, qu’un apport externe prend du sens : le reste du temps, une supplémentation fait doublon.

Le grand écart entre promesses et résultats

L’écart se creuse là où la promesse commerciale dépasse ce que la science démontre. Deux faits gênants pour le marketing musculaire : quand tu avales de la glutamine, une grande partie est captée par ton intestin dès le premier passage, donc peu atteint réellement le muscle. Et côté allégations, aucune agence ne suit les fabricants.

Ce que dit vraiment l’EFSA

L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a examiné les allégations sur la glutamine, dont « croissance ou maintien de la masse musculaire » et « immunité ». Elle n’en a autorisé aucune : les preuves ont été jugées insuffisantes. Aucune allégation santé glutamine n’est validée dans l’UE.

Reste que dans des cas extrêmes (brûlures graves, septicémie, entraînements hors normes), la glutamine peut aider. C’est ce grand écart entre un usage clinique pointu et une promesse grand public floue qui explique pourquoi les avis se contredisent autant. Comme le résumait un nutritionniste, on trouve toujours une étude qui vante la glutamine et, juste à côté, une autre qui la démolit. Tout dépend du contexte dans lequel la personne l’a testée.

Glutamine avis forum : ce que disent les utilisateurs

Sur les forums, deux camps s’opposent : ceux qui saluent une meilleure récupération et un confort digestif, et ceux qui n’ont vu aucun effet ou ont subi des troubles intestinaux. Le clivage colle presque parfaitement à l’usage : les retours les plus positifs viennent du terrain digestif, les plus déçus du terrain musculaire.

Expériences positives : récupération et digestion

Côté positif, deux avantages reviennent : la récupération et le confort digestif. Pour la récupération, un utilisateur raconte avoir eu « plus de jus sous les barres » et s’être senti « moins fatigué que d’habitude » en fin de séance. Ce genre de ressenti existe, mais il est subjectif et ne dit rien sur la prise de muscle.

Le plus frappant, c’est l’effet digestif. Une utilisatrice de 49 ans affirme que la glutamine « permet de réduire les symptômes de l’intestin irritable« , prise en continu depuis des années. Un homme de 38 ans parle de « selles bien plus molles, digestion bien moins douloureuse« . D’autres y voient un coup de pouce quand ils tombent souvent malades. Ces témoignages pointent tous dans la même direction que les études sérieuses : l’intestin, pas le biceps.

Expériences négatives : effets secondaires et inefficacité

Le camp déçu est au moins aussi fourni. Les effets secondaires cités sont surtout digestifs : « des ballonnements, des crampes d’estomac et des diarrhées« . Rien de dramatique, mais assez pénible pour arrêter.

Le reproche le plus fréquent, c’est l’absence de résultat. Un utilisateur balance : « J’ai arrêté, ça n’avait aucun effet« . Un autre tranche : « en musculation, je crois pas que ce soit utile, ce serait plus du marketing« . S’ajoute le grand n’importe quoi des dosages, qui va de 500 mg à 20 g par jour selon les gens, et le prix, jugé élevé pour un bénéfice incertain. Quand le budget est serré, ces déçus ont un point : mieux vaut savoir avant d’acheter.

Glutamine avis médical : que disent les experts ?

Les médecins tranchent nettement : oui pour l’intestin et certains cas cliniques, non pour la prise de muscle du sportif sain, et prudence pour plusieurs profils à risque. Leur position est plus stable que celle des forums, parce qu’elle s’appuie sur des essais, pas sur des ressentis.

Pour la santé digestive et immunitaire, ça se défend

Sur le plan digestif, l’intérêt est reconnu : la glutamine nourrit les entérocytes, ces cellules qui tapissent l’intestin, et aide à maintenir la barrière intestinale. C’est pour ça qu’elle est parfois proposée dans le syndrome de l’intestin irritable, l’hyperperméabilité et certaines maladies inflammatoires, un terrain où l’action de la glutamine sur les intestins est bien mieux étayée que ses promesses musculaires.

Côté immunité, les cellules de défense consomment beaucoup de glutamine comme carburant. En clinique, chez des patients en catabolisme sévère, en apporter a du sens. Mais attention au raccourci : ce bénéfice hospitalier ne se transpose pas au sportif sain qui veut « attraper moins de rhumes », et les études le montrent (on y revient juste après).

Pour la musculation, c’est bien moins glorieux

Pour la masse musculaire, le verdict médical est sec : aucune étude solide ne montre d’effet chez le sportif en bonne santé. Une revue a passé au crible 47 études sans trouver de bénéfice sur la composition corporelle ni sur la performance. Découvre le détail de ses bienfaits réellement documentés, qui sont ailleurs que dans le muscle.

Attention, il y a des risques quand même

La glutamine n’est pas anodine pour tout le monde. L’ANSES (avis 2016, NUT2014SA0008) déconseille les compléments alimentaires destinés aux sportifs, catégorie dans laquelle la glutamine est vendue, souvent en mélange, aux enfants, aux adolescents, aux femmes enceintes ou allaitantes et aux personnes présentant des facteurs de risque cardiovasculaire, rénal ou hépatique ou des troubles neuropsychiatriques. L’avis ne vise pas la glutamine en particulier, mais il te concerne si tu coches une de ces cases.

  • Contre-indication ferme, pas de supplémentation : insuffisance rénale ou hépatique ; cancer en cours de traitement ou en antécédent, sans le feu vert de l’oncologue ; grossesse et allaitement.
  • Avis médical requis avant toute prise : traitement anticonvulsivant ou lactulose ; diabète sous traitement hypoglycémiant ; facteurs de risque cardiovasculaire, rénaux, hépatiques ou troubles neuropsychiatriques. Même réserve pour les enfants et les adolescents.
  • Hors de ces cas : un adulte en bonne santé n’a pas de contre-indication aux doses usuelles.

Derrière ces profils, il y a des cas concrets : avec de l’hypertension, regarde d’abord ce que la glutamine fait à la tension artérielle, et si tu es diabétique, ce qu’elle change sur la glycémie et l’équilibre du diabète. Le cancer, lui, se traite à part, parce que les cellules tumorales se nourrissent de glutamine. Côté dose, 14 g par jour est le niveau observé sans risque (Observed Safe Level) de Shao et Hathcock (2008, PMID 18325648) : c’est la dose supplémentaire la plus élevée pour laquelle les données de tolérance chez l’adulte sain sont jugées suffisantes. Au-delà, on ne parle pas de toxicité démontrée mais d’un manque de données pour l’autosupplémentation. Tu retrouves l’analyse complète des contre-indications et effets secondaires de la glutamine.

Cancer, en cours comme en antécédent : on s’abstient

Aucune supplémentation sans le feu vert de l’oncologue, quel que soit le type de tumeur, en cours de traitement comme en antécédent. Beaucoup de cellules tumorales consomment fortement la glutamine (glutaminolyse), un fait établi en laboratoire mais jamais démontré comme aggravant chez un patient supplémenté. La prudence est de règle par absence de preuve, pas par preuve de danger. En cas de doute, la question se règle avec ton médecin, pas sur un forum.

Que révèlent les études scientifiques sur la glutamine ?

Les études dessinent une ligne nette : bénéfice solide sur l’intestin, effet nul ou marginal sur le muscle et l’immunité du sportif. Le tableau ci-dessous sépare ce qui est prouvé de ce qui est survendu, promesse par promesse.

Ce qu’on te prometCe que disent les étudesVerdict
Plus de muscle, meilleure composition corporelleMéta-analyse de 47 études (25 en analyse quantitative) : aucun effet (Ramezani Ahmadi, 2019, PMID 29784526)Survendu
Immunité du sportif renforcéeAucun effet démontré sur le système immunitaire des sportifs (Ramezani Ahmadi, 2019)Survendu
Perte de poidsSeul résultat significatif de la méta-analyse : une réduction de poids modeste, 1,36 kg en moyenne (Ramezani Ahmadi, 2019)Réel mais marginal
Récupération après séance très intenseEffet modeste sur la force et les courbatures après exercice excentrique (Legault, 2015, PMID 25811544 ; Córdova-Martínez, 2021, PMID 34204359)Nuancé
Confort digestif, intestin irritableAmélioration nette dans le syndrome de l’intestin irritable post-infectieux (Zhou, 2019, PMID 30108163). Sur la perméabilité intestinale en général, la méta-analyse la plus récente ne trouve pas d’effet significatif (Abbasi, 2024, PMID 39397201)Prouvé dans le SII post-infectieux

Ce qu’on sait sur la récupération musculaire

Pour la récupération, les preuves sont franchement minces chez le sportif standard. La méta-analyse de Ramezani Ahmadi et coll. (2019, PMID 29784526) ne trouve aucun effet sur l’immunité des sportifs, la performance aérobie ni la composition corporelle. Son seul résultat significatif est ailleurs : une réduction de poids modeste, de 1,36 kg en moyenne. À noter aussi, les marqueurs de dommage musculaire n’ont pas été analysés dans cette méta-analyse : sur ce terrain, les données viennent d’essais isolés. Le seul terrain où un léger bénéfice apparaît, c’est après des efforts excentriques très traumatisants : Legault et coll. (2015, PMID 25811544) observe une récupération de force un peu plus rapide et moins de courbatures, et Córdova-Martínez et coll. (2021, PMID 34204359) mesure moins de marqueurs de dommage musculaire (créatine kinase, aspartate transaminase et myoglobine) chez des basketteurs à 6 g par jour. Utile à noter, mais on parle de récupération après casse musculaire, pas de prise de muscle.

Visuel montrant que le seul résultat significatif de la méta-analyse est une perte de poids moyenne de 1,36 kilogramme.

Pour le pratiquant qui s’entraîne 3 à 4 fois par semaine, ça n’apporte donc probablement rien de visible sur les muscles. C’est cohérent avec ce que ressentent les utilisateurs déçus.

Du côté de la santé intestinale, c’est plus encourageant

Sur l’intestin, les données changent de catégorie. Un essai contrôlé publié dans Gut (Zhou et coll., 2019, PMID 30108163) a testé 5 g de glutamine trois fois par jour, huit semaines, chez des patients atteints d’intestin irritable post-infectieux : 79,6 % ont vu leurs symptômes chuter nettement, contre 5,8 % sous placebo. La perméabilité intestinale s’est normalisée dans le groupe glutamine. Mécaniquement, Wang et coll. (2015, PMID 24965526) explique qu’elle renforce les jonctions serrées entre les entérocytes, ce qui limite la fameuse perméabilité intestinale.

Visuel comparant 79,6 % de patients soulagés sous glutamine à 5,8 % sous placebo dans l'intestin irritable post-infectieux.

Attention à ne pas généraliser ce résultat. Ce sont deux questions différentes, et elles n’ont pas le même niveau de preuve. Le syndrome de l’intestin irritable post-infectieux, c’est le meilleur usage documenté de la glutamine, mais il repose sur un essai unique dans une population très ciblée. La perméabilité intestinale en général, c’est autre chose : la méta-analyse la plus récente (Abbasi et coll., 2024, PMID 39397201, 10 essais, 352 participants) ne trouve pas d’effet significatif global, et le seul signal positif apparaît dans un sous-groupe à plus de 30 g par jour sur moins de deux semaines, très au-dessus de l’usage courant. Pour un adulte sain à 5 g par jour, n’attends pas de changement mesurable.

Le protocole intestin le mieux documenté, et son cadre

5 g de glutamine, trois fois par jour, pendant 8 semaines, soit 15 g par jour : c’est le schéma testé dans l’intestin irritable post-infectieux (Zhou, 2019), avec une amélioration nette des symptômes. C’est de loin l’usage le plus étayé de tout ce complément, mais c’est un protocole d’essai clinique encadré, pas un repère d’automédication.

Les 14 g par jour cités plus haut ne le contredisent pas : c’est le niveau observé sans risque de Shao et Hathcock (2008), la dose supplémentaire la plus élevée pour laquelle les données de tolérance chez l’adulte sain sont jugées suffisantes, pas un seuil de toxicité. Certains essais cliniques sont montés plus haut. Si tu vises ce protocole à 15 g, cale-le avec un médecin.

On s’est peut-être trompé de cible depuis le début. Au lieu de l’acheter pour les muscles, c’est côté digestion qu’elle mérite qu’on la regarde.

Les limites des études (parce qu’il y en a toujours)

Avant de conclure, quelques garde-fous. Ces études ont des faiblesses réelles qu’un vendeur ne te citera jamais :

  1. Des échantillons parfois minuscules : certaines n’ont testé que six personnes, impossible d’en tirer une règle générale.

  2. Des durées courtes : quelques jours à quelques semaines, rien sur le long terme.

  3. Des dosages dans tous les sens : de 500 mg à 20 g par jour, difficile de comparer.

  4. Des populations particulières : beaucoup de recherches portent sur des grands brûlés ou des malades graves, loin du sportif de salle du dimanche.

Glutamine ou BCAA : lequel choisir ?

Pour construire du muscle, ni l’un ni l’autre ne remplace une protéine complète : les BCAA ont plus de preuves que la glutamine, mais n’apportent rien de plus quand tes apports en protéines sont déjà couverts. Pour un intestin fragile, en revanche, la glutamine a un intérêt que les BCAA n’ont pas. Ce sont deux outils pour deux objectifs, pas deux concurrents sur le même terrain.

Les BCAA (leucine, isoleucine, valine) stimulent la synthèse des protéines musculaires, la leucine activant la voie mTOR qui déclenche la construction du muscle. La glutamine n’a pas cet effet démontré, comme le confirme la méta-analyse de Ramezani Ahmadi (PMID 29784526). Donc si ton objectif est la prise de masse ou la récupération de force, commence par une protéine complète (ton assiette d’abord, une whey ensuite) et par de la créatine, qui sont les deux options les mieux documentées. Si tu traînes des soucis digestifs récurrents ou un très gros volume d’entraînement, la glutamine peut compléter, pour un usage que les BCAA ne couvrent pas.

Pour qui la glutamine vaut-elle vraiment le coup ?

La glutamine vaut le coup si tu as un intestin fragile ou un catabolisme sévère ; elle est superflue si tu es un sportif sain qui mange assez de protéines. Voici le verdict par profil, pour te situer en dix secondes.

Ton profilVerdictPourquoi
Tu t’entraînes 3 à 4 fois par semaine, alimentation correcteSuperfluTon corps synthétise la glutamine et ton assiette couvre tes besoins ; aucune étude ne justifie l’achat pour la muscu.
Tu souffres d’intestin irritable ou d’hyperperméabilitéDéfendableLes preuves les plus solides du complément : 79,6 % de répondeurs contre 5,8 % sous placebo dans l’IBS post-infectieux (Zhou, 2019).
Catabolisme sévère (grand brûlé, soins intensifs, post-chirurgie)Utile, en cadre médicalUsage clinique historique, sous supervision. Ce n’est pas de l’automédication de confort.
Tu enchaînes des séances très traumatisantes (volume ou excentrique élevé)MarginalEffet modeste sur les courbatures et la récupération de force (Legault, 2015 ; Córdova-Martínez, 2021), pas sur la prise de muscle.
Cancer en cours ou en antécédent, maladie rénale ou hépatique, grossesse, allaitement, enfant ou adolescentÀ éviterPour le cancer, quel que soit le type de tumeur, pas de supplémentation sans le feu vert de l’oncologue. Pour les autres profils, l’ANSES déconseille les compléments alimentaires destinés aux sportifs, catégorie dans laquelle la glutamine est vendue.

Si tu te reconnais dans la première ligne, garde ton budget. Si tu es dans les lignes intestin ou catabolisme, la glutamine a un vrai rôle, à la bonne dose et pour la bonne raison : reste à caler quand prendre la glutamine et en quelle quantité.

Le verdict

Pour la prise de masse ou la récupération musculaire, la glutamine n’est pas la bonne arme. Pour un intestin fragile ou un catabolisme sévère, elle se défend. Dans tous les autres cas, garde ton budget pour des compléments mieux documentés, comme une protéine complète ou de la créatine.

Quiz · Testez vos connaissances

Question 1 sur 4

1. Pour quel usage la glutamine a-t-elle les preuves scientifiques les plus solides ?

2. Quel est le seuil de sécurité documenté pour la glutamine par jour ?

3. Pourquoi une supplémentation en glutamine fait-elle souvent doublon chez un sportif sain ?

4. Un ami veut prendre de la glutamine pour tomber moins malade pendant sa prépa. Que disent les études sur l'immunité du sportif sain ?

Avant d’acheter

Remets la glutamine à sa place

Avant de trancher, reprends les bases : ce qu’est vraiment cet acide aminé, ce qu’il fait dans ton corps et ce qu’il ne fait pas.

Questions fréquentes

Est-il bon de prendre de la glutamine ?

Ça dépend de qui tu es. C’est bon si tu as un intestin irritable, une hyperperméabilité ou un catabolisme sévère encadré médicalement. C’est inutile si tu es un sportif en bonne santé qui cherche à prendre du muscle : ton corps en fabrique déjà et ton alimentation couvre le reste. La glutamine n’est ni un dopant ni un danger pour un adulte sain en dessous de 14 g par jour, juste un achat souvent superflu. En cas de cancer en cours ou en antécédent, d’insuffisance rénale ou hépatique, de grossesse ou d’allaitement, on ne se supplémente pas sans avis médical.

Quels sont les bienfaits de la glutamine ?

Les bienfaits sérieusement documentés sont digestifs : elle nourrit les cellules de l’intestin, renforce la barrière intestinale et améliore les symptômes de l’intestin irritable. En clinique, elle sert aussi de carburant aux cellules immunitaires chez des patients très affaiblis. En revanche, les promesses de prise de muscle, de performance ou d’immunité renforcée chez le sportif sain ne tiennent pas face aux études.

Comment agit la glutamine sur les intestins ?

Elle sert de carburant principal aux entérocytes, les cellules qui tapissent la paroi de l’intestin, et renforce les jonctions serrées qui relient ces cellules entre elles. Résultat : chez des personnes dont la barrière est altérée, la paroi redevient plus étanche. C’est ce mécanisme qui explique l’amélioration observée dans l’intestin irritable post-infectieux, avec un protocole d’essai clinique de 5 g trois fois par jour pendant huit semaines, soit 15 g par jour. Ce schéma dépasse les 14 g repère de l’autosupplémentation : il se cale avec un médecin. Chez un adulte sain, en revanche, la méta-analyse la plus récente ne montre pas d’effet significatif sur la perméabilité intestinale.

Quelles sont les contre-indications de la glutamine ?

Contre-indication ferme, sans supplémentation : insuffisance rénale ou hépatique, grossesse et allaitement, et cancer en cours de traitement comme en antécédent, quel que soit le type de tumeur, sans le feu vert de l’oncologue. Avis médical requis avant toute prise si tu suis un traitement anticonvulsivant, du lactulose ou un hypoglycémiant, ou si tu présentes des facteurs de risque cardiovasculaire, rénaux, hépatiques ou des troubles neuropsychiatriques : l’ANSES déconseille à ces profils les compléments alimentaires destinés aux sportifs, catégorie dans laquelle la glutamine est vendue, et fait la même réserve pour les enfants, les adolescents et les femmes enceintes ou allaitantes. Hors de ces cas, un adulte en bonne santé n’a pas de contre-indication aux doses usuelles, en restant sous 14 g par jour.

Sources

  • Ramezani Ahmadi A. et coll., 2019, Clinical Nutrition (revue systématique et méta-analyse, 47 études). https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/29784526/
  • Legault Z. et coll., 2015, International Journal of Sport Nutrition and Exercise Metabolism. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/25811544/
  • Córdova-Martínez A. et coll., 2021, Nutrients. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/34204359/
  • Zhou Q. et coll., 2019, Gut. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/30108163/
  • Wang B. et coll., 2015, Amino Acids. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/24965526/
  • Abbasi F. et coll., 2024, Amino Acids (méta-analyse, 10 essais, 352 participants : pas d’effet significatif global sur la perméabilité intestinale). https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/39397201/
  • Shao A. et Hathcock J.N., 2008, Regulatory Toxicology and Pharmacology (niveau de sécurité observé de 14 g par jour). https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/18325648/
  • EFSA Panel on Dietetic Products, Nutrition and Allergies, 2009 et 2011, avis sur les allégations de santé relatives à la L-glutamine (aucune autorisée). https://www.efsa.europa.eu/en/efsajournal/pub/1235
  • ANSES, 2016, Avis relatif aux compléments alimentaires destinés aux sportifs (NUT2014SA0008). https://www.anses.fr/fr/system/files/NUT2014SA0008Ra.pdf

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